SNEERS. – Tales For Violent Days

Artiste : SNEERS.

Origine : Italie

Genre : Southern Gothic Swampland Voodoo

Date de sortie : 4 mars 2022

SNEERS. est un de ces groupes qui vous ouvre en grand les lourdes portes qui mènent droit vers les bas-fonds de l’âme. Le groupe se forme en 2012 à Berlin avec la voix et la guitare de Maria Greta Blanckaart accompagné par la rythmique de Leonardo Stefenelli et finit par s’installer définitivement en Italie. Tales of Violent Days – leur 4ème galette – accompagne l’auditeur dans ce que le groupe qualifie de neuf tempêtes internes, qu’ils ont décidé d’appeler contes.

« Ces contes parlent de la cruauté de nos jours & des anges dansants, des jeunes amants (vous êtes l’avenir), des femmes, des mères, des vieux amants (vous êtes l’histoire), des loups, des épaves, des défaites, des désirs, des démons. Ou, plus court et plus facile : des contes sur l’humanité. »

L’album s’ouvre sur For Violent Days, un titre guidé par la voix si particulière, éraillée de Blanckaart – si particulière qu’elle empêchera probablement certaines personnes de continuer l’écoute – Le son post rock et la batterie presque synthétique enveloppe l’auditeur et le plonge sans ménagement dans l’ambiance du voyage. Vous avez entamé la descente il n’y a plus de marche arrière possible, c’est ce que vous susurre la longue nappe qui clôture ce morceau.

Un vieux piano désaccordé, que l’on imagine aisément bancal et poussiéreux vous accueille sur Ode To The Past. Une rythmique chamanique, la guitare presque imperceptible vous guide le long de la litanie vocale pour vous préparer à l’arrivée de Black Earth Shining où vous vous retrouvez plongé dans les bois au beau milieu d’un sabbat de sorcière. Cette ambiance vous hypnotise, vous êtes désormais en transe, l’obscurité vous appelle, vous fixe. Lies For Young Men vous fait continuer votre chemin dans une ambiance Nick Cavienne, la voix se fait plus douce, l’ambiance plus psyché, à la frontière du shoegaze.

Puis. Le silence.

Mais au loin, le bourdonnement d’un hélicoptère sur l’ouverture de  As Old As The Gulf War marque une rupture dans l’ambiance de l’album. Les explosions sonores vous posent au milieu de la ligne de front près de Bagdad. La peur. L’angoisse. L’actualité.  Le bourdonnement passe, s’éloigne.

Will I Feel You, répétitif, simple, presque léger vous ramène délicatement dans l’esprit méditatif de l’album. La montée douce de la guitare vous enveloppe de sa sonorité so post rock, comme pour vous apaiser et vous ramener plus près du chemin que vous avez entrepris de parcourir.

Vous embarquez ensuite sur A Fate Worse Than Death, superbe galion suivant le chant des sirènes pour guider votre barque le long du fleuve de la douleur racontée par MG Blanckaart pendant les plus de 7 minutes de ce morceau. Vous amarrez de cette croisière en pleine conscience sur About Defeat Desires & Demons pour entreprendre une traversée initiatique du désert, sec, chaud, où les frontières de la réalité se brouillent et laissent place à l’inconnu.

Dernière étape, votre voyage se termine avec One Day, un morceau qui vous suspend, vous tient, vous retient sur les nerfs, malaisan, lourd, avant de vous quitter dans la lumière, et la douceur du chant des oiseaux comme pour vous laisser vous envoler. Plus libre qu’avant.

Tales Of Violent Days est définitivement un album introspectif, cathartique à sa façon, qui vous dérange sans que vous ne puissiez pourtant en détourner les oreilles, et qui, quoi qu’il arrive ne vous laisse pas indemne.