Entretien avec Stan W. DECKER

Nous ne comptons plus le nombre de pochettes d’albums illustrées par Stan W. DECKER, une figure française de l’illustration Rock & Metal. Il était grand temps que Le RIFF essaie d’en savoir un peu plus sur cet artiste-entrepreneur hors du commun dont nous, hardos français, sommes si fiers.
Ce dossier se compose de l’interview ci-dessous suivi d’une galerie commentée par Stan.

Thierry
Salut Stan, si tu veux, je t’évite la banale question sur ton cursus et je le résume à ta place. Okay ? Donc, tu dessines depuis tout petit, tu as fait 3 ans de Beaux-Arts, un BTS communication graphique, une bonne grosse formation PAO, 13 ans d’agence jusqu’au poste de directeur artistique avant de devenir ton propre patron et de t’auto-exploiter entre 80 et 90 heures par semaines.
Je passe sur tes dons d’aquarelliste réservés aux proches et vais directement au graphisme Metal. Tu as commencé par les couvertures des démos et d’albums de ton groupe, de ceux des copains et de ceux des copains des copains. Le monde étant pour toi un immense réservoir de copains, tu travailles énormément, très vite et le plus souvent avec des idées au crayon et un traitement en PAO…
Aurais-je oublié un truc grave ? Genre, Stan W. DECKER ça sonne américano-belge, c’est normal ?

Stan W. DECKER
Haha, sacrée entrée en matière ! Le résumé est bon et mes origines sont plutôt européennes bien qu’ayant de la famille aux USA et au UK. J’ai des origines slaves, italiennes, luxembourgeoises, hollandaises, mais je suis né en Auvergne… faut pas déconner, non plus.

Thierry
Ah… l’Auvergne. Une fois, un pote auvergnat m’a dit : « Chez nous, il n’a plus de volcans actifs mais il nous reste un Stan hyperactif. » Tu confirmes ? Tiens, et si justement tu décidais de te faire une journée off, ce serait : le 1er mai, l’anniversaire de ta maman, la saint-Valentin ou un concert de Maiden ?

Stan W. DECKER
Je dirais le 1er mai car le burn-out n’est jamais loin. Tout poser, les lunettes et les yeux en premier. Tout débrancher, ordinateur et tablette graphique. Enlever les carnets de croquis à proximité et… se reposer ! Mais ce n’est que de l’ordre du fantasme.

Thierry
Bah, débrancher la tablette c’est jouable, non ? Ça ne te dirait pas de pouvoir faire une ou deux illustrations par mois, en reprenant les pinceaux… à l’ancienne, tu vois ?

Stan W. DECKER
Tu l’as dit toi-même en intro : « je travaille vite ». Eh bien, c’est l’informatique qui me permet de dépoter. Je ne peux pas prendre le temps de travailler de manière traditionnelle. Enfin… pas si je veux sortir un salaire convenable.

Thierry
Le marché est si tendu que ça ? C’est un peu tabou en France mais une pochette d’album, ça se monnaye combien ?

Stan W. DECKER
J’imagine que chacun « tente » de faire ses prix, mais je ne me vois pas demander plusieurs milliers d’euros pour pouvoir passer six mois à achever un tableau. Je ne suis même pas sûr que ça ait pu être un jour le cas dans ce genre d’activité. Généralement, le budget « graphisme » d’un label varie entre 500 et 1000 dollars. Passer 15 jours par commande ne me permettrait pas de m’en sortir.

Thierry
Tu ne touches pas un pourcentage sur les ventes, les t-shirts, tout ça ?

Stan W. DECKER
Non. Trop compliqué. Je préfère céder ces droits. Cette gestion à l’international, c’est le casse-tête. D’un pays à l’autre les lois sur la propriété intellectuelle sont différentes. Je n’ai pas le temps pour ça.

Thierry
C’est là qu’on voit que tu n’as pas QUE du sang Auvergnat, en fait. Mais bon, assez parlé pognon, parlons musique : à part IRON MAIDEN et l’ORCHESTRE DU MUPPET SHOW, quels seraient les groupes que tu rêverais d’accrocher dans ta galerie de couvertures ?

Stan W. DECKER
Déjà, j’ai été hyper fan de Maiden mais j’ai été déçu de la direction mercantile qu’ont pris le management du groupe et la holding. Bien entendu, je ne crache pas dans la soupe mais ce serait moins enthousiasmant à l’heure actuelle. Pour le Muppet, non. Je suis plus Fraggle Rock, voire Dark Crystal. Sinon, pour ta question… c’est compliqué. J’aime énormément de groupes et même en cogitant je ne trouve pas de réponse valable. Et puis, faut que mes styles conviennent… Allez, je dirais MEGADETH, FAITH NO MORE et CORONER.

Thierry
MEGADETH ? Ils ne sont pas déjà à ton tableau de chasse?

Stan W. DECKER
J’ai bossé pour eux – T-shirt, carte du fan club et design de médaille du fanclub – mais pas sur un album.

Thierry
Et est-ce qu’il t’est déjà arrivé de faire une illustration, de te dire qu’elle collerait parfaitement à un groupe et d’aller la proposer directement ?

Stan W. DECKER
Jamais. J’ai bien quelques artworks en stock mais ils sont très rares. Et puis de toute façon, m’amuser à développer des idées persos que je pourrais proposer, j’ai pas vraiment le temps pour ça.

Thierry
Et une expo ? Ça ne te brancherait pas de prendre du temps pour préparer une expo ?

Stan W. DECKER
Oh la ! Grande question qui tourne en boucle dans ma tête depuis plusieurs années : je ne me sens pas prêt à exposer même si j’ai été sollicité de nombreuses fois. Ça a failli se faire une fois de plus cette année mais les étoiles n’étaient pas alignées… Finalement, ça m’arrange presque car j’ai l’envie d’exposer des œuvres 100 % originales plutôt que des illustrations déjà imprimées sur disque. Il faudrait vraiment que je trouve le temps de travailler pour moi…

Thierry
Tu me permets une question plus personnelle ? Es-tu papa… d’une mascotte ?

Stan W. DECKER
Ah, ah ! Oui. J’aime bien celle que j’ai créée pour SPIRITS OF FIRE bien que je ne sois pas particulièrement attiré par la création de mascottes. Ce genre de demandes provient quasi systématiquement des groupes ou des labels. En revanche, j’aime bien reprendre des classiques à ma manière, considérant ceci le plus souvent comme du fan-art.

Thierry
À propos de fans, est-ce que tu as déjà eu l’honneur de trouver certaines de tes illustrations détournées par des petits comiques ? Voire même, carrément piratées ?

Stan W. DECKER
Piratées, oui, et pas qu’une fois. Surtout pour mes fan-arts Maiden qui ont été utilisés pour du bootleg CD/vinyle, pour des drapeaux, des T-shirts. En soi, c’est frustrant et agaçant… mais le plus gros souci concerne le copyright d’Eddie qui appartient à Maiden. Son utilisation est tolérée si on ne fait PAS de commerce, mais j’ai déjà été contacté par Maiden de manière fort peu sympathique. Dans mon cas, ça s’est correctement réglé. J’imagine même pas les soucis que pourraient avoir certains tatoueurs qui gagnent de l’argent en reprenant l’image d’Eddie si Maiden décidait de mettre terme à toute utilisation de sa mascotte qui ne rentre pas dans ses conditions d’utilisation.

Thierry
Tu n’as jamais rêvé de transformer une de tes pochettes de disque en images qui bougent pour faire la vidéo d’un single ?

Stan W. DECKER
Eh ! Pourquoi pas pour un titre de RAGE, par exemple ? Leurs deux derniers artworks sont de mon fait et pourraient se prêter à de l’animation. Mais aurais-je le temps de m’investir dans ce genre de réalisation ? J’imagine mal quelqu’un reprendre les codes graphiques d’une de mes illustrations, les détourner tout en gardant l’essence et le style sans que j’intervienne. C’est une vaste question qui mérite réflexion, ça.

Thierry
Parmi les clichés suivants, lesquels n’as-tu plus trop envie de dessiner : crânes, dragons, guerriers, sorciers, faucheuses, champignons atomiques, éclairs, brocolis piégés, ruines, glaives ?

Stan W. DECKER
Les scènes post-apo dans une ville en ruine ! C’est une demande récurrente quand on souhaite dépeindre notre monde actuel qui est, il est vrai, relativement peu engageant. Je pense que l’on peut évoquer ce climat d’autre manière. Pour le reste, les scènes Heroic Fantasy restent suffisamment « ouvertes » en termes de représentations graphiques et de sujets à traiter pour ne pas me lasser. En revanche, être catalogué comme « Illustrateur Heroic Fantasy » m’agace gentiment, estimant posséder plusieurs cordes et styles à mon arc long. Hey ! j’ai +3 en dex. !

Thierry
Du coup, question style graphique, y en -t-il un que tu n’as jamais utilisé mais que tu adorerais qu’on te demande un jour ? Je ne sais pas moi… une pochette en flat design, violette et verte stoner, ou arc-en-ciel mou psychédélique?

Stan W DECKER
Mais… Tu sais que j’ai quelques travaux persos qui entrent parfaitement dans les cases de ce que tu décris ! Je crois que ce que j’aimerais vraiment, c’est avoir le temps de réaliser une vraie peinture, quelque chose de grandiose, un peu comme David PATCHETT quand il peignait pour CATHEDRAL ou Roger DEAN pour YES, peindre en grand format et pas dans la fenêtre étriquée d’un écran de PC.
L’autre style que j’aimerais développer, c’est l’imagerie liée au Thrash ‘80, le fun, l’humour noir, le skate, le gore, les mutants qui bronzent sous un champi atomique, ça résume assez bien mon état d’esprit et mes goûts musicaux et cinématographiques.

Thierry
La musique et le cinéma t’inspirent. La littérature aussi ?

Stan W DECKER
Je lis énormément depuis que je suis tout petit et j’ai toujours une pile de livres au pied de mon chevet avec une prédilection pour le fantastique – ça active mon imagination. D’ailleurs, l’idée de réaliser des couvertures de livres SF/fantastique m’a effleuré et est enthousiasmante. Après, c’est encore un problème de disponibilité, mais aussi la volonté de ne pas me disperser.

Thierry
À propos de bouquin, tu peux nous l’avouer maintenant : peindre un Griffon d’Or sur la pochette de SERIOUS BLACK, c’est un clin d’œil à Harry Potter, non ?

Stant W. DECKER
Ha, ha, ha ! Tu veux la vérité ? Je n’avais jamais percuté avant que tu m’en parles.

Thierry
J’y crois pas. Tu n’as jamais fait le lien entre Serious Black et Sirius Black ? C’est pas eux qui t’ont dit « on voudrait un Griffon d’Or » ?

Stan W. DECKER
Non, pas du tout !

Thierry
Roooh, la honte ! Tiens, justement… C’est quoi ta plus grande honte devant un client ?

Stan W. DECKER
C’est quand je travaillais en agence de com’. J’avais réalisé un boulot dont les aller-retours multiples avaient totalement biaisé le concept initial au point où la douzième version s’est vue attribuer le nom de fichier « v12 trop moche ». Je zippe le fichier. Heureusement, m’aperçois de l’erreur et corrige le nom du zip que j’envoie au client… Et là, le client me rappelle furieux : j’avais oublié de renommer le fichier DANS le zip.

Thierry
Oups ! Pas forcément indiqué pour décrocher une prime de Noël, mais très drôle ! Passons à plus positif : ta plus grande fierté ?

Stan W. DECKER
Ma toute première couverture de magazine m’a comblé de joie. C’était Classic Metal special Maiden underground. Il y a eu aussi le mail reçu de MEGADETH pour le travail effectué pour le groupe.

Thierry
La classe ! Ça fait du bien de sentir qu’on a franchi une étape, ou bien quand on reçoit un témoignage de reconnaissance. Et de ton côté, il y a un illustrateur pour qui tu dis « trop la classe » ?

Stan W. DECKER
Obligé, je vais te citer le travail d’Eliran KANTOR. Il a un vrai style et ses peintures vont largement au-delà de la simple illustration d’album – tout comme Roger DEAN ou Dave Mc KEAN, d’ailleurs. Regarde le travail d’Eliran sur les pochettes de DISBELIEF, Symbol Of Death ; KREATOR, Hate Über Alles ou ARCHSPIRE, Bleed The Future !

Thierry
Le boulot d’Eliran est délirant, en effet. Ceci étant, ce n’est pas trop poli de finir l’interview d’un artiste en parlant d’un autre, donc parmi tes propres illustrations, quelles sont tes trois préférées ?

Stan W. DECKER
Me concernant, je citerais : THE FERRYMEN, A New Evil ; JPL, Sapiens 3/3 : Actum ; et BLUE ÖYSTER CULT, iHeart Radio Theater.

Thierry
Ah ouais ! Excellents choix ! Tu sais quoi ? Je vais aussi publier une galerie sur notre site et je commencerai par ces trois-là.

Stan W. DECKER
Je tiens sincèrement à te remercier pour cette interview.

Thierry
Le plaisir était partagé. Mais si tu veux vraiment me remercier, la prochaine fois qu’un journaliste te demande ta plus grande fierté, n’hésite pas à lui dire que tu as carrément été interviewé par le RIFF et là, tu verras l’effet waouh, total respect, quoi ! Ha, ha, ha !
Merci encore Stan pour ta gentillesse et surtout ta patience alors même que nous savons maintenant que le temps est pour toi une denrée si précieuse. Nous attendons donc, ton premier clip vidéo, ta première expo, la prochaine couverture de MEGADETH peinte à l’huile et tes couvertures de bouquin pour une collection SF.


À présent, les amis, direction la galerie pour une visite commentée par Stan lui-même. Suivez le guide !

STAN PAR STAN : la visite commentée par l’artiste

THE FERRYMEN – A New Evil

On parlait tout à l’heure de mascotte, en voici une que je décline depuis 3 albums. J’ai pris beaucoup de plaisir à réaliser cette illustration, inspirée par The Last In Line de DIO dans son ambiance. Elle prend son ampleur dans sa version panoramique et je pense qu’une version vinyle lui serait profitable. Ce qui est étrange, c’est que l’album précédent et le suivant sont sortis en vinyle, pas celui-là. Je travaille souvent avec Magnus KARLSSON, directement. Nous nous comprenons bien et il est rare que le résultat soit sujet à de multiples modifications.

JPL – Sapiens 3/3: Actum

JPL (Jean-Pierre Louveton) est un ami et nous nous comprenons facilement. Notre collaboration remonte à 8 ans maintenant et j’ai aussi bien travaillé pour son groupe JPL que pour NEMO, son autre projet. Actum est donc le troisième volet qui clôt une trilogie conceptuelle dont le thème aborde l’évolution de l’Homme depuis ses origines jusqu’à un avenir incertain. Cette 3ème illustration suit donc l’évolution des 2 précédentes, expérimentant cette fois-ci des formes fractales qui m’ont servi de base (réalisée avec un excellent logiciel nommé Mandelbulb 3D) afin de dépeindre un monde à venir, difficile à appréhender, en l’occurrence la terraformation en quelques siècles d’une lune de Jupiter avec l’aide de nanorobots insectoïdes, la transformation de notre lune en soleil artificiel tractée jusqu’à une orbite favorable et la survie d’une portion infime de l’humanité sur ce monde étranger dans des conditions âpres mais apaisées … Ce synopsis purement SF est de mon fait, les textes de JPL abordent le concept à l’échelle humaine.

BLUE ÖYSTER CULT – iHeart Radio Theater

J’ai eu la chance de réaliser 5 albums pour BLUE ÖYSTER CULT, groupe iconique que j’adore. L’illustration pour iHeart Radio Theater Live est probablement ma préférée car la plus personnelle. Travailler pour une telle légende implique de respecter pas loin de 50 ans de carrière et donc respecter 50 ans d’illustrations cryptiques, ultra référencées, emplies de symboles et de symbolisme alchimique, ce qui n’est pas forcément un domaine dans lequel j’excelle.
Il existe une autre version de l’artwork, avec Godzilla en vedette, mais elle a été refusée pour des questions de droits… Je ne l’ai jamais dévoilée mais qui sait. Elle sera postée un jour sur mon Facebook ou Instagram.

GIANT – Shifting Time

C’est une belle surprise que le label m’a faite en me confiant l’artwork de GIANT ! J’ai réalisé deux versions de l’artwork, la première se retrouve à l’intérieur du packaging et la seconde en couverture, car il a été jugé qu’elle convenait mieux au concept (ce en quoi je suis d’accord).

DEATH DECLINE – The Silent Path

Le retour de la mascotte ^^. Là aussi, je m’occupe de DEATH DECLINE depuis 3 albums. Le concept m’a été soumis par le groupe mais j’ai eu une marge de manœuvre importante afin de donner libre cours à mon imagination et apporter une dimension majestueuse à la scène. Je me sens particulièrement à l’aise avec ce genre d’illustration qui mêle matte-painting, fractals et peinture digitale. J’ai également réalisé une partie de leur merch’ ainsi que l’habillage de scène.

ICONIC – Second Skin

C’est un travail de commande, qui a nécessité cependant de nombreux aller-retours, sachant que c’est l’une des toutes premières versions (celle que je trouvais optimale) qui a été choisie au final.
On retrouve ici quelques uns de mes gimmicks, l’utilisation des lumières chaudes, des flares, du clair-obscur appliqué à un visuel… iconique qui fait quelque peu référence à Whitesnake, ce qui est assumé et faisait partie du brief initial.

ACROMONIA – From Hell’s Heights…

Un artwork déjà ancien dont la particularité première est de boucler sur lui-même, à l’infini (en plus d’être au format vertical). J’ai dû lutter un petit peu pour faire accepter l’idée : il a fallu que je réalise un “mock up”, c’est à dire un montage photoréaliste, afin que le groupe voie le résultat par avance et constate que ça fonctionnait.

SINNER’S BLOOD – The Mirror Star

Il s’agit d’un travail de photomontage et d’utilisation de textures pour un style que j’utilise de moins en moins, non par goût, mais simplement parce qu’on me demande plus de concevoir des digital paintings… J’ai bien aimé revenir à ces ambiances post-goth-surréalistes qui caractérisaient les illustrations d’albums des mid-2000, souvent influencées par Travis Smith.

EDGE OF FOREVER – Seminole

J’ai pris beaucoup de plaisir à travailler pour Edge of Forever. Le concept du groupe basé sur le respect de la nature et les populations de natives américain me parle et les échanges avec Alessandro sont toujours enrichissants. Le résultat est donc un travail commun.

SWEET OBLIVION

J’ai conçu les illustrations des deux albums de ce projet mené par Geoff Tate. J’ai souhaité créer une continuité visuelle entre les deux et laisser la part belle au surréalisme, courant artistique souvent associé à des saillies progressives… ce qui caractérise bien la musique, dans la droite lignée du Queensrÿche de la grande époque.

IRON MASK – Diabolica

Un exemple de mon style le plus représenté. Je trouve toujours étonnant que je sois surtout reconnu pour mes travaux Heroic Fantasy alors que je n’ai jamais cherché à les mettre en avant. Je travaille régulièrement avec Dushan qui est le compositeur principal d’Iron Mask (et de Magic Kingdom).

HEART LINE – Back In The Game

Un pur projet ‘80. Il était quasi obligatoire d’assimiler l’ADN visuel de ces années là. Ca tombe bien, ceci correspond à mes années fétiches et il semble que notre société contemporaine soit accro aux néons et à l’american way of life des années Reagan. Je me suis vraiment amusé à la réaliser.

KILLERS – Trajets-Dits

A textes réfléchis et profonds, visuels à l’identique (du moins, j’espère que c’est interprété ainsi). J’aime beaucoup le tempérament de Bruno avec qui j’ai échangé plusieurs fois avant de me lancer. Je ne voulais pas non plus sombrer dans l’ultra-violence et j’ai tenté de dépeindre l’attente, l’angoisse provoquée par un avenir incertain (ou tout tracé).

COURSE OF FATE – Mindweaver

Heavy progressif est le terme qui convient le mieux à cet excellent groupe. Il s’agissait de ma première contribution et j’ai pu donner libre cours à mon imagination, sans contrainte. L’idée était d’apporter du neuf à une vision archétypale (mais un peu incontournable) des illustrations du style prog. Ainsi, j’ai décidé d’ajouter un jeu de miroirs au classique “homme devant l’immensité de la nature” qui apporte une sorte de confusion visuelle nécessitant une certaine concentration pour interpréter l’image.

STOLEN MEMORIES – Paradox

Artwork “progressif”, bucolique et poétique, vaguement mélancolique. Les teintes douces et désaturées tranchent un peu avec le style que l’on me connait le plus mais j’aime beaucoup travailler ainsi même si j’ai rarement l’occasion de pouvoir exploiter cette facette de mes capacités.

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