Shadows of October

Artiste : Lorelei

Origine : Russie

Date de sortie : 2017

Genre : Melodic doom/death metal

Je vous vois venir avec profusion de reproches, de brimades concernant ma propension à vous parler des doomeries sombres, lentes et glaciales même en plein soleil… Pour ma défense, je dirais que quand il fait plus de 28°C, je décède d’une apoplexie carabinée suraiguë de l’épiderme!
Comment ça, ça ne veut rien dire? Bien sûr que ça ne veut rien dire parce que tout ce charabia est là uniquement pour faire diversion puisque depuis qu’il fasse beau dehors et que les fleurs poussent, je traîne régulièrement mes esgourdes chez l’un de mes fournisseur préférés de glace qui est Solitude Production (qui produit le magnifique Shattered Sigh dont j’ai chroniqué ici même en début de l’année, ou si vous voulez plus de name dropping gourgandinesque, je peux vous citer Doom:Vs ou encore Evadne, entre autre.), et c’est lors d’une promenade de santé au pays du feu glacé que j’ai déniché pour vous cette perle.

A la vue de la pochette et l’étiquette que le groupe se donne, à savoir gothic/doom/death, je m’attendais à quelque chose à la fois plein de lourdeur, de mélancolie et d’éthéré avec chant clair. Sauf que j’étais complètement à côté de la plaque.
Apparemment, après le magnifique premier album qui est Угрюмые Волны Студеного Моря (oui, à vos souhait aussi!) – Gloomy Waves of the Cold Sea, où la vibe romantique qui englobe l’atmosphère de ce premier album est superbement dosée et maîtrisée, en plus de la magnifique voix de la chanteuse Ksenia Michaelova, et le tout rend le côté gothique plus évident.

Pour ce second album, le groupe prend une direction plus mélodique, laissant de côté la facette gothique pour préférer l’atmosphère lourde et veloutée des standards doom/death mêlant grolws graves et riffs épais, ajoutant à cela le côté mélodique avec lignes de clavier qui parsèment les morceaux pour accentuer la belle mélancolie, celle-là même qui ouvre l’album avec la ligne de lead guitare déchirante et la ponctuation cafardeux de la basse. On retrouve la lourdeur des premiers albums de Paradise Lost et le côté lancinant, sombre et terriblement mélodique de Swallow the Sun. Cette combinaison est à son apogée avec la piste 5: And the Willows Rustle Silently. Même si on peut entendre sur un ou deux morceaux la voix féminine, elle n’est plus prépondérante, elle n’est là que pour mieux renforcer le côté sombre des growls.

Et pourtant, malgré la lourdeur des arpèges, malgré les lignes de guitare lancinantes et la délicieuse mélancolie qui trône tout au long de l’album, il s’en dégage quelque chose d’assez doux et délicat, presque comme la tendresse du toucher d’une aile d’héron sur la surface de l’eau: délicat et fugace.
Une belle découverte que ce petit sextet originaire de l’Est de la Sibérie. Si vous êtes arrivé jusqu’ici, et si l’album vous a convaincu, je ne saurais que vous recommander chaleureusement leur EP de l’année dernière, toujours chez Solitude Production: Lux Incerta.